Un film de Jacques Tati
Avec Jacques Tati, etc.
Suède, France, 1971, 1h33

Burlesque, comédie
Conseillé à partir de 6 ans

Monsieur Hulot travaille pour un vendeur de voitures à Paris. Il doit transporter un camping-car bourré de gadgets sophistiqués et ingénieux jusqu’à Amsterdam, où a lieu le salon de l’auto. Le fabuleux camping-car doit y être exposé. Hulot est accompagné par Maria, une jeune manageuse à l’américaine qui change sans cesse de tenue. Sur la route, il leur arrive plein d’histoires plus drôles les unes que les autres. Ils crèvent un pneu, ils tombent en panne d’essence, ils sont arrêtés par la police… Et puis, c’est l’accident! Le camping-car entre en collision avec une voiture. S’en suit alors un gigantesque et incroyable carambolage, où l’on voit même une voiture atterrir sur la route, comme un avion! A l’ouverture du salon à Amsterdam, le stand est vide et le patron s’énerve! Monsieur Hulot est finalement renvoyé.

Le tournage

Lorsque Jacques Tati s’embarque dans «Trafic» en 1968, il n’a pas de scénario précis. Il demande à un dessinateur de faire des croquis de voitures modernes et de scenes sur la route. Cela constitue la base de son inspiration. Tati, cinéaste de génie, n’a pas besoin d’écrire de scénario. Il a tout en tête. Il écrit bien quelques lignes, mais seulement afin de trouver les fonds nécessaires au tournage. Cependant, cela ne suffit pas à financer le film. Il est sur le point d’abandonner. Heureusement, des cineastes de la télé suédoise font un documentaire sur lui. Grâce à eux, il obtient de l’argent. «Trafic» devient alors une coproduction avec une télévision de Suède.

Une parodie

Jacques Tati avait souvent pensé faire un film sur la circulation et sur le comportement des conducteurs. «J’ai trouvé le départ du récit un dimanche matin, au bord de l’autoroute. Je regardais passer des milliers de voitures… Ils ne savent plus rire parce que dans leurs cages roulantes, ils n’ont plus aucun contact avec la nature, ni avec leurs semblables…», disait Tati à ce sujet. «Trafic» est une parodie sur le comportement des automobilistes et sur la publicité. C’est hilarant de voir comment Tati nous montre les gens se curer le nez au volant. Il les a d’ailleurs filmés en caméra cachée. Grâce à son sens de l’observation, c’est avec une grande précision et beaucoup d’humour qu’il montre comment les mouvements des essuie-glaces correspondent aux différents caractères des conducteurs! De plus, comme à son habitude, il utilise à merveille le son au service de drôles de gags. La séquence de la vache dont le meuglement répond au grincement d’une porte en est un exemple célèbre: c’est comme si la vache discutait avec la porte!

Prisonnier de Monsieur Hulot

Pour la première fois, Monsieur Hulot ne se retrouve pas seul à la fin de l’histoire, puisque, poussé par la foule, il s’en va avec la jeune Maria sous la pluie. Cette nouvelle apparition de Hulot à l’écran est en contradiction avec «Playtime» qui racontait la fin du personnage. Le réalisateur a ainsi décrit une réalité: le public réclamait Hulot et les producteurs imposaient à Tati de le jouer dans ses films. Ce dernier disait d’ailleurs: «Je suis prisonnier du personnage de Monsieur Hulot.»