Un film de Jacques Tati
Avec Jacques Tati, etc.
France, 1967, couleur, 1h52

Burlesque
Conseillé à partir de 8 ans

A l’aéroport de Paris arrive un groupe de touristes américaines. Monsieur Hulot se perd dans cette grande ville ultramoderne, où tout se ressemble: un vrai labyrinthe! Il est à la recherche de son employeur, qui apparaît et disparaît sans cesse. Hulot n’arrive pas à se repérer. Il atterrit dans un grand magasin, alors qu’il était dans des bureaux. Le soir, il est entraîné dans un restaurant chic qui vient d’ouvrir. Par hasard, il y rencontre Barbara, une des touristes américaines, et il danse avec elle. Petit à petit, le restaurant tombe en miettes, car l’architecte a mal calculé la construction. Un Américain prend alors la soirée en main. Barbara se met au piano. L’ambiance devient alors moins snob et ils font la fête. Le lendemain matin, après un café, Barbara doit repartir. Hulot a juste le temps de lui faire offrir un foulard et une branche de muguet. Il n’est pas certain qu’elle se souvienne de lui, puisqu’il y a des personnages qui lui ressemblent un peu partout. Comme si le fait de ne pas être adapté à la société touchait de plus en plus de gens, Monsieur Hulot disparaît dans une foule anonyme de «Hulots».

Les décors

Pour ce film, Jacques Tati décide de construire une ville entière avec de hauts immeubles fixés sur des rails: un gigantesque décor, déplaçable à loisir. Cela coûte une véritable fortune. Tativille, comme on l’appelle, représente les futures grandes villes, faites de gratte-ciels de verre et d’acier. Tati est un visionnaire génial! Il invente en 1967 les bâtiments modernes qui seront construits plus tard: ceux que nous connaissons aujourd’hui.

Problèmes financiers

Tati a de nombreuses difficultés financières. Il a besoin d’argent pour terminer les decors et le tournage. Il doit emprunter aux banques. Finalement, il a tellement de dettes qu’il perd sa propre maison et doit vendre les droits de tous ses films. Les decors de «Playtime» sont rasés par des bulldozers, alors qu’il est en train de tourner les derniers plans du film.

En pellicule 70 mm

A travers la description d’une cité réglée et organisée à la seconde près, où l’on parle un mélange des langues européennes, Jacques Tati dépeint un monde, où tous les gens regardent la même émission de télévision à la même heure; un monde où toutes les villes sont semblables, avec leurs immenses buildings et leurs centres commerciaux; un monde qui rappelle étrangement celui d’aujourd’hui! Tourné en pellicule de format 70 mm, le film offre une expérience visuelle et sonore intense. L’image en cinémascope est conçue comme un tableau où il se passe plein de choses en même temps. De la porte qui claque sans bruit au fauteuil que l’on retrouve partout, les gags sont très nombreux à chaque plan. Cela pousse le spectateur à être actif pendant la projection, car il peut sans cesse découvrir de nouveaux gags. C’est pourquoi, les cinephiles aiment voir et revoir ce chef-d’oeuvre.

Le désastre d’un chef-d’oeuvre

Lors de sa sortie en 1967, «Playtime» est peu diffusé et ne rapporte pas d’argent. Tati est ruiné. C’est un désastre! Mais il a fait un véritable film d’auteur: celui qu’il voulait, comme il le voulait, avec son souci de bien organiser les moindres détails. Avec humour, il nous fait prendre conscience de la routine de notre vie et de la bêtise de notre société de consommation.

Des copies neuves

Après la mort de son père, la fille de Tati, Sophie Tatischeff, travaille à la restauration du film, dont il subsiste quelques exemplaires en bien mauvais état. Elle disparaît avant de pouvoir admirer les nouvelles copies, sorties en 2002, grâce auxquelles nous pouvons aujourd’hui apprécier le caractère inventif, visionnaire et merveilleusement actuel de «Playtime».