Un film de Sylvain Chomet – France, 2003, 1h25
Burlesque – Conseillé à partir de 6 ans

Champion est un petit garçon taciturne qui vit avec sa grand-mère, Madame Souza, et son chien, Bruno. Un jour, Madame Souza offre un tricycle à Champion. Débute alors un entraînement intensif de plusieurs années pour le préparer au Tour de France. Coaché par sa grand-mère qui le masse à l’aide d’une tondeuse à gazon, Champion devient un homme aux jambes incroyablement musclées. Le jour du Tour arrivé, Champion peine dans l’ascension d’un col, malgré les encouragements de sa grand-mère. C’est alors que de mystérieux hommes en noir le kidnappent. Heureusement, grâce au flair de Bruno, Madame Souza peut retrouver la trace de son petit-fils. Ce dernier est emmené de force sur un paquebot à destination de Belleville, une grande cité faite de gratte-ciels. C’est là que Madame Souza rencontre les Triplettes, trois grand-mères, ex-stars de music-hall qui se nourrissent de grenouilles! Vont-elles l’aider à retrouver Champion et à le délivrer de ses ravisseurs, des hommes de main de la mafia française?

Un dessin animé

Ce qu’il y a de surprenant dans ce dessin animé, c’est qu’il n’y a pas ou quasiment pas de dialogues. Mais on comprend tout! Sylvain Chomet disait à ce propos: «Je voulais montrer que sans dialogues, on peut exprimer des sentiments, des émotions, rien qu’avec du mime. C’est grâce à cet univers caricatural que les personnages sont si expressifs.» En effet, en exagérant les mimiques et les gestes de ses personnages, le réalisateur leur fait exprimer beaucoup d’émotions. De plus, les objets deviennent des véritables instruments de musique, comme la roue de vélo avec laquelle joue Madame Souza, et le film est rythmé par les chansons jazzys des Triplettes. Les decors sont aussi d’une grande originalité. Les rues sont drôlement en pente, les maisons bizarrement penchées. Cela fait rire de voir les clichés et les préjugés que révèlent les personnages: les Américaines sont grosses, les mafiosi français sont alcooliques et portent le béret, etc. C’est que le réalisateur a le sens de l’observation. Et il s’en sert pour créer plein de gags à répétition en utilisant notamment le son. Comme le tic, qui fait «tac», à chaque fois que la grand-mère de Champion remonte ses lunettes!

Des références à Jacques Tati

La manière de Sylvain Chomet d’utiliser le son et le comique d’observation fait penser à Jacques Tati. Ce n’est sûrement pas un hasard car il y a dans ce film plein d’allusions à ce réalisateur: la girouette du toit de la maison de Madame Souza représente le facteur de «Jour de Fête». Il y a même un extrait de ce film dans la scène où les Triplettes regardent la télévision. De plus, il y a une affiche du film «Les Vacances de Monsieur Hulot» dans leur salon. En présentant de tels détails dans les plans, le cinéaste montre sa grande admiration pour Tati.

Un film bien accueilli

Dès sa sortie en France, le film a beaucoup plu aux critiques de cinema. Il faut dire qu’il est d’une grande originalité et qu’il plaît à un public large, car il peut être vu de manière différente par les grandes personnes ou les enfants, ce qui est souvent le cas des dessins animes. Dans «Les Triplettes de Belleville», par exemple, les scenes de poursuites sont très appréciées par les enfants, mais les allusions à Tati sont peut-être plus facilement comprises par les adultes.