Un film de Jacques Tati
Avec Jacques Tati, etc.
France, 1949, couleur / noir et blanc, 1h20

Burlesque, comédie
Conseillé à partir de 6 ans

Pour la fête nationale, des forains arrivent dans un petit village de campagne et installent un manège de chevaux de bois et des stands de tir. Il y a aussi un cinéma ambulant. François, le drôle de facteur, sort du bistrot un peu saoul. Il assiste à la projection d’un film documentaire sur la Poste aux Etats-Unis. Les nouvelles méthodes de distribution du courrier y sont extrêmement rapides! Vexé, François se laisse entraîner par les forains qui le poussent à faire lui aussi sa tournée à l’américaine. Avec sa bicyclette, il bat des records de vitesse. Pour gagner le plus de temps possible, il accroche même son vélo à l’arrière d’un camion. Comme ça, il peut timbrer les lettres tout en roulant! Mais, les catastrophes comiques s’enchaînent. Son vélo s’en va tout seul, il doit lui courir après et il finit par tomber dans la rivière!
Des sons drôles
Jacques Tati reprend le personnage de François le facteur, avec son accent patois et son uniforme. Mais le film comporte une nouveauté de taille par rapport à «L’Ecole des facteurs»: les dialogues ressemblent à des bruits de fond et ne jouent pas le rôle habituel qu’ils ont dans un film de fiction. Par contre, les bruits de fond, comme le chant du coq ou le hennissement des chevaux, se répondent comme des dialogues et deviennent des sources de gags. D’ailleurs, on entend sans cesse des aboiements de chiens, des gloussements de poules, des meuglements de vaches, etc.
De plus, Tati utilise le rapport entre son et image pour créer des gags. Par exemple, on entend le bourdonnement d’une abeille (mais on ne la voit pas) et l’on voit le facteur exécuter une gymnastique rigolote. On comprend alors qu’il est pourchassé par l’abeille qui veut le piquer!
Un côté documentaire
Jacques Tati choisit le village de Sainte-Sévère, en France, pour y tourner son film. Il engage des professionnels pour les rôles principaux, mais aucune star. Dans son équipe, il intègre beaucoup de ses amis. Les villageois sont également mis à contribution. Ils apparaissent presque tous dans le film, soit en jouant leur propre personnage, soit en tant que figurants. Ce film montre très bien comment les gens de l’époque vivaient à la campagne, comment ils s’habillaient, travaillaient, etc. C’est pourquoi, il a aujourd’hui un intérêt documentaire considérable.
Sans aucun trucage
Dans ce film, Tati reprend des trouvailles du cinéma burlesque, comme le mime et les courses-poursuites. Il faut rappeler qu’il effectue presque toutes les acrobaties lui-même et sans aucun trucage! Seule la séquence avec le vélo et le camion en utilise un: la transparence.
En noir et blanc et en couleur
Avec «Jour de Fête», Tati veut réaliser le premier film couleur du cinéma français, grâce à un nouveau procédé expérimental. Cependant, il n’a pas totalement confiance en cette nouveauté. Il décide de filmer aussi en noir et blanc, avec une caméra supplémentaire. Il faut donc filmer les scenes à double. Et heureusement qu’il le fait, car les techniciens ne peuvent tirer quoi que ce soit de la pellicule couleur. Quelques années après la mort de son père, la fille de Tati, Sophie Tatischeff, a réussi à résoudre ce problème. Et la version en couleur est disponible depuis 1990.
Les distributeurs refusent le film
Quand Tati termine «Jour de Fête», il le montre à des distributeurs, mais ceux-ci refusent de le diffuser. Il faut attendre quelques années jusqu’à ce qu’il réussisse à convaincre un exploitant de le projeter dans sa salle, mais après le film au programme et sans faire payer la séance et si les gens veulent bien rester. Le résultat est convaincant: dès les premières minutes, les spectateurs rient aux éclats! Du coup, Jacques Tati devient très célèbre.