Réalisateur, acteur, scénariste, producteur
France
1909 – 1982

Son vrai nom est Jacques Tatischeff, mais son nom d’artiste est simplement Tati. Il naît en 1907 à Paris. C’est un grand timide qui aime plus les loisirs que le travail. Son papa, un homme très rigide, a un magasin de cadres. A cette époque, il est normal de faire le même métier que son père. Il passe donc des heures à encadrer des tableaux et ça l’ennuie! Il préfère jouer au rugby et inventer des spectacles après les matchs pour faire rire son équipe. Il est en effet très doué pour mimer les sports. Mais pas seulement! Quand il va chez des amis, il essaye différents chapeaux et arrive à mimer le personnage qui correspond à chaque chapeau. Il a le don de faire rire. Au service militaire, il est dans la cavalerie. Ce n’est donc pas par hasard si les chevaux apparaissent fréquemment dans ses films. D’ailleurs, il invente un numéro de mime de cavalier, qui va le rendre célèbre dès le début de sa carrière.

Un acteur et un réalisateur

Tati décide de faire de la comédie. Il essaye de trouver un théâtre ou un music-hall pour jouer son spectacle, intitulé «Impressions sportives», mais c’est difficile, car il est débutant et on ne lui fait pas tout de suite confiance. Cependant, comme il a beaucoup de talent, il finit par se faire remarquer et il joue même dans plusieurs villes d’Europe. Il s’intéresse aussi au cinéma. Il devient acteur et est engagé dans des films. Il tourne des courts-metrages, dont le plus réussi est «L’Ecole des facteurs». En 1949, il fait son premier long-métrage: il est le scénariste, le réalisateur et l’acteur de «Jour de Fête», une comédie où il joue le rôle d’un facteur qui se déplace à vélo pour livrer le courrier le plus vite possible. C’est un grand succès! Il reçoit plusieurs propositions de la part de producteurs, mais il tient à sa liberté. Il tourne «Les Vacances de Monsieur Hulot», où il interprète son nouveau personnage: Monsieur Hulot. C’est un triomphe! Il fonde alors sa maison de production et peut ainsi travailler comme il veut. Après «Mon Oncle», Oscar du meilleur film étranger, il se lance en 1964 dans un projet gigantesque: «Playtime». Comme décor de ce film, Tati fait construire une ville entière. Cela coûte très cher, d’autant plus que le tournage dure trois ans! A la sortie de ce chef-d’oeuvre dans les salles de cinema, c’est la catastrophe car il est boudé par le public. Seuls les cinephiles l’aiment. Et comme il a coûté extrêmement cher, Tati a des dettes et doit vendre les droits de ses films. Malgré cela, il arrive à en tourner d’autres: «Trafic» et «Parade». Pour gagner de l’argent, il fait aussi quelques publicités. Il meurt en 1982, alors qu’il travaille à un nouveau scénario, «Confusions», qui est aujourd’hui repris par le cinéaste Sylvain Chomet.

Des sons comiques

La façon dont Tati nous fait rire est très originale. Il est l’un des premiers cineastes à utiliser le son de manière comique. Il ajoute de drôles de bruits lors de la postsynchronisation: par exemple sa raquette de tennis résonne comme une poêle à frire dans «Les Vacances de Monsieur Hulot»! Il crée des gags extraordinaires en faisant correspondre des sons bizarres à certaines situations. Par exemple, dans «Jour de Fête», des chevaux de bois hennissent, ce qui paraît absolument curieux! De plus, les dialogues ressemblent à un méli-mélo de bruits plutôt qu’à des paroles. Et certains bruits servent à des dialogues improbables, comme celui d’une vache et d’une porte dans «Trafic»!

Des gags à répétition

Tati utilise également à merveille le comique d’observation. En étudiant dans le détail les gestes et les habitudes des gens, il les reproduit en les exagérant, ce qui nous fait beaucoup rire! Il emploie aussi le comique de répétition en faisant se renouveler plusieurs fois certains gags. Cela rappelle un ancien genre: le burlesque.
Dans «Mon Oncle», quand Monsieur Hulot remarque que toute la vaisselle est en plastique, il lâche un verre sur le sol et évidemment il se casse! Il n’était pas en plastique. Et nous nous y attendions! Cela devient encore plus drôle, lorsqu’on s’attend à un gag et que Tati trouve une façon de l’éviter. C’est que le réalisateur sait à merveille tromper l’attente du spectateur, par exemple en commençant un gag mais en ne le laissant pas se terminer.

Un auteur génial

Jacques Tati révolutionne donc le cinéma par sa façon d’employer le son et par ses gags toujours très subtils! Ses films montrent un univers rempli d’humour et de poésie. Aujourd’hui, leur intérêt réside également dans leur aspect documentaire. On y perçoit effectivement très bien comment les gens de l’époque vivaient à la campagne. De plus, Tati était un visionnaire. Ses descriptions de la ville et du monde moderne rendent compte que ce qu’il avait montré s’est réalisé! Pour toutes ces raisons, le Maître, comme certains le nomment, est un auteur de génie dont il faut absolument voir les films!