Première projection: 1895
Premier film réalisé: 1905 (première fiction)
Langue(s): italien

L’Italie est l’un de ces pays qui ont fortement marqué l’histoire du cinéma. Grâce à ses réalisateurs, ses actrices et ses acteurs célèbres, ses genres et ses courants, l’Italie a joué un rôle déterminant pour le cinéma, en particulier avec le néoréalisme. Le cinéma italien a également la particularité d’avoir toujours été très lié à son histoire. En effet, du fascisme au terrorisme, les événements politiques qui ont marqué ce pays se sont reflétés et se reflètent encore très directement dans les films, ainsi que dans leurs modes de production.

Des péplums et des divas
Aux débuts du muet, le cinéma italien connaît une période très florissante. Les hommes d’affaire prennent conscience des possibilités commerciales du cinéma et s’engagent dans la production et la distribution. Certains réalisateurs deviennent des pionniers du cinéma en développant des techniques, comme le travelling ou le gros plan. Les superproductions se multiplient. De grands péplums, tels «Quo Vadis?» ou «Cabiria», racontent le passé glorieux de l’Italie à travers l’Antiquité. Des mélodrames élèvent certaines actrices, que l’on appelle des «divas», au rang de stars du cinéma. La renommée de certains acteurs est parfois si grande qu’ils connaissent la gloire à Hollywood, à l’image de Rudolf Valentino. Mais, dès les années 1920, la concurrence des Etats-Unis provoque le déclin du cinéma italien. De plus, la censure exercée par l’Eglise catholique ne favorise pas l’activité des cinéastes.

Le cinéma de la dictature
En 1922, le dictateur fasciste Benito Mussolini prend le pouvoir politique de l’Italie. Les Italiens doivent obéir à son gouvernement totalitaire et ne sont plus libres de dire ce qu’ils pensent. En quête de prestige et de pouvoir, Musolini investit dans le cinéma, qui est un moyen de diffuser sa pensée fasciste. D’un côté, il fonde le Festival du film de Venise en 1932 et à la construction en 1937 de Cinecittà, un énorme complexe de studios. De l’autre, il produit des actualités ou des films historiques à des fins de propagande. Par ailleurs, on assiste à la naissance d’un nouveau genre de divertissement, les téléphones blancs, qui réunit des films pour la plupart très médiocres, à l’exception de certains, comme «Monsieur Max» de Mario Camerini. Puis, l’Italie plonge dans la Deuxième Guerre mondiale. Les cinéastes attendent alors la libération de leur pays pour pouvoir s’exprimer à nouveau.

Le renouveau du cinéma
Après la Deuxième Guerre mondiale, l’Italie est enfin libérée de Mussolini. Dans le pays, la misère est immense. En réaction aux terribles années de dictature, de nombreux cinéastes, tels Vittorio De Sica ou Roberto Rossellini, montrent la dure réalité de la vie quotidienne des gens après-guerre, dans des films comme «Sciuscià» ou «Le Voleur de bicyclette». Leur cinéma est si proche de la réalité qu’on l’appelle le néoréalisme. Par ailleurs, la chute du fascisme et la victoire des Alliés provoque une affluence de la production américaine sur les écrans italiens. En 1946, près 600 films américains sont importés en Italie!

De nouveaux réalisateurs
Dès les années 1950, le cinéma italien se tourne d’abord vers le mélodrame, avant de développer de nouveaux genres, comme la comédie à l’italienne. D’autre part, plusieurs grands réalisateurs, dont Luchino Visconti, Michelangelo Antonioni ou Federico Fellini, effectuent leur début de carrière à cette époque. Puis, les années 1960 voient prospérer le western-spaghetti. Mais, si cette période est si riche, c’est aussi parce que Francesco Rosi, Pier Paolo Pasolini et d’autres, livrent de nouveaux chefs-d’œuvre, parmi lesquels des longs-métrages engagés qui critiquent le fascisme et la religion catholique.

La déclin du cinéma italien
Dans les années 1970 et 1980, le climat politique est instable: la corruption, la mafia, le terrorisme d’extrême droite et d’extrême gauche, secouent l’Italie. De plus, la télévision (en particulier les chaînes privées) concurrence le cinéma et ce dernier ne bénéficie d’aucune mesure de protection de la part de l’Etat. C’est pourquoi, la production chute de manière vertigineuse et de nombreuses salles de cinéma ferment leurs portes. Si des cinéastes, comme Bernardo Bertolucci, Nanni Moretti, Roberto Benigni ou Giuseppe Tornatore, réussissent à tourner leurs films, il leur est difficile de sauver le cinéma italien. Heureusement, la situation semble peu à peu se débloquer aujourd’hui grâce à la création de nouvelles structures de production indépendantes et à l’arrivée de nouveaux auteurs critiques.

Le cinéma jeune public en Italie
Les films du néoréalisme ont parfois raconté des histoires vécues par des enfants, comme «Buongiorno Elefante» ou «Amis pour la vie». Dans un style plus poétique et sentimental, Luigi Comencini a tourné plusieurs excellents films destinés au jeune public, dont «Les Aventures de Pinocchio» ou «Heidi». Enfin, l’Italie a produit des dessins animés de qualité, comme «La Rosa di Bagdad», «West and Soda», «Allegro non troppo», «La Flèche bleue» ou «La Mouette et le Chat».