Première projection: 1904
Premier film réalisé: 1930
Langue(s): persan (farsi), kurde, pashto, tati du nord et du sud, etc.

En Iran, les dirigeants et les religieux ont toujours exercé une censure sévère sur les films, n’hésitant pas à interdire ceux qui ne leur plaisaient pas. C’est pourquoi, selon les régimes au pouvoir, les réalisateurs iraniens ont toutes les peines du monde à faire leur métier. C’est particulièrement le cas aujourd’hui.

Des débuts très surveillés
Dès les débuts du cinéma, le Shah d’Iran, qui est comme un roi, fait organiser des projections de films pour sa cour. Puis, en 1904, les premières séances publiques ont lieu. Mais on ne commence à tourner des longs-métrages qu’en 1930, lorsqu’Ovanes Ohanian, un cinéaste iranien formé en URSS (actuelle Russie), réalise une comédie et ouvre une école de cinéma. Cependant, l’Iran produit peu de films, notamment à cause de la censure du Shah et des religieux (les mollahs et les ayatollahs), qui prônent une obéissance stricte à des principes religieux sévères tirés de l’Islam.

Un vrai départ avec le «Kanoun»
Dans les années 1960 et 1970, l’Etat iranien se met à investir dans le cinéma pour mieux le contrôler. Le «Kanoun», l’Institut pour le développement intellectuel des enfants et des jeunes adultes, devient le lieu de travail des cinéastes. Mais, sous prétexte de faire des films destinés au jeune public, ces derniers parviennent à contourner habilement la censure, à l’image d’Abbas Kiarostami dans des courts-métrages comme «Le Pain et la Rue» ou «La Récréation», puis dans des longs-métrages comme «Le Passager». De plus, grâce au Super-8, un format peu coûteux, on voit venir une nouvelle vague appelée «Ciné libre» ou «Nouveau cinéma iranien» et constituée de jeunes réalisateurs qui tournent à la manière documentaire. Dans ce contexte, on fait beaucoup plus de films qui parlent des problèmes du pays. Par ailleurs, pour prouver son ouverture au monde et sa magnificence, le Shah fait organiser le premier Festival international du film de Téhéran en 1971. De nombreux cinéastes sont aussi récompensés dans les festivals internationaux, comme Sohrab Sahid Saless pour «Un Simple événement» et «Nature morte».

La révolution islamique
En 1979, après de violentes émeutes et de longues années de répression policière, les gens se révoltent contre le pouvoir, mais cette révolution débouche sur l’instauration d’une «République islamique», dirigée par des religieux extrémistes et hostiles à tout divertissement, à commencer par le cinéma. Les films étrangers sont interdits. Les seuls autorisés sont ceux qui font la propagande du régime en place. Des salles de cinéma sont fermées ou détruites. Les intellectuels sont muselés et opprimés. Les femmes, en particulier, doivent se conformer à de sévères exigences, comme l’expliquera «Persepolis».

La guerre avec l’Irak
En 1980, l’Irak, pays voisin, déclare la guerre à l’Iran. Pendant cette guerre, qui va durer huit ans, la population souffre énormément. Des réalisateurs filment le terrible quotidien des Iraniens. Proches du néoréalisme, ces cinéastes, dont Mohsen Makhmalbaf, font connaître leurs films dans le monde entier. Le cinéma iranien triomphe au-delà de ses frontières dans les années 1990. Les dirigeants sont alors contents du prestige obtenu par leurs cinéastes, mais ils redoutent de perdre leur contrôle sur le cinéma. C’est pourquoi, de nombreux films iraniens, pourtant diffusés en Europe, sont censurés en Iran.

La suprématie des Etats-Unis et l’islamisme radical
Depuis 2002, les tensions politiques avec les Etats-Unis se sont aggravées, car l’Iran refuse la suprématie et la toute puissance américaine. C’est pourquoi, l’Etat iranien est devenu encore plus sévère et a renforcé son système de censure. Certaines réalisatrices et certains réalisateurs ont donc dû s’exiler et tourner leurs films dans d’autres pays. Ainsi ont-ils pu dénoncer avec courage leurs conditions de vie déplorables et leur obéissance forcée aux préceptes des Islamistes radicaux au pouvoir.

Le cinéma jeune public en Iran
De nombreux films iraniens, en particulier ceux tournés au sein du «Kanoun», ont pour personnages principaux des enfants. Ils peuvent ainsi raconter la vie quotidienne en Iran en évitant la censure. A l’image de «Où est la maison de mon ami», «Bashú, le petit étranger» ou «Le Ballon blanc», ils sont destinés aux jeunes mais aussi aux adultes. Par ailleurs, l’Iran regroupe des cinéastes spécialisés dans le cinéma d’animation, comme Abdollah Alimorad, dont «Les Histoires du bazar» sont très appréciées des jeunes spectateurs.