1880
Suisse
Première apparition : «Heidi» (1952)

Heidi, Adélaïde de son vrai prénom, est une petite fille très curieuse aux joues tout rouges. Elle porte généralement un chemisier blanc, une robe à fleurs et parfois un tablier. Elle est joyeuse, débrouillarde et très sensible aux malheurs des autres. Elle est orpheline: son père, charpentier de profession, est mort dans un accident de travail et sa mère est décédée tellement elle était triste d’avoir perdu son mari. C’est pourquoi, Heidi vit dans les Alpes avec son grand-père, un vieil homme bourru. Elle découvre les plaisirs et les secrets de la montagne. Courir pieds nus dans les herbes, caresser des chèvres et grimper aux arbres, voilà ce qu’elle aime le plus! Lorsque Heidi a huit ans, sa tante décide que la montagne ne convient pas à son éducation et l’emmène vivre dans une grande ville, au sein d’une famille riche et rigide. Aux yeux des citadins, Heidi est une petite sauvageonne et ne sait pas se comporter correctement. Sous la direction de Mademoiselle Rotenmeier, elle doit apprendre les bonnes manières en compagnie de son amie Clara, qui est paralysée et se déplace en chaise roulante. Heidi est très généreuse. Elle parvient à faire des miracles en convainquant Clara qu’elle peut marcher. Mais, à la ville, Heidi est malheureuse et nostalgique. Elle se sent enfermée. Elle rêve de retourner dans son alpage, car elle a besoin d’espace et de liberté. Elle regrette ses montagnes, son merveilleux chalet, son grand-père et son ami Pierre, le chevrier, à tel point qu’elle en tombe malade et souffre de crises de somnambulisme.

Un personnage de roman

En 1880, bien avant l’invention du cinéma, l’écrivaine suisse Johanna Spyri imagine le personnage d’Heidi. Dès la parution de ses premiers romans, Heidi devient célèbre non seulement en Suisse mais aussi dans le monde entier, parce que les gens de cette époque lisent énormément et que ces livres avec Heidi sont passionnants. Ses aventures sont d’ailleurs traduites dans une quarantaine de langues!

Heidi et ses nombreuses adaptations

Avec Fifi Brindacier, Heidi est l’un des rares véritables héros féminins de l’histoire du cinéma. En effet, les aventures d’Heidi ont été adaptées au cinéma à de nombreuses reprises. A travers elle, les spectateurs ont découvert l’importance de la liberté et l’absurdité de certaines règles d’éducation qui avaient cours dans la bourgeoisie de l’époque. En 1920 déjà, un film muet reprend le personnage de Johanna Spyri. Mais il faut attendre 1952 et «Heidi» de Luigi Comencini pour voir la première adaptation fidèle au roman de l’auteur suisse. C’est d’ailleurs un immense succès, jusqu’aux Etats-Unis! Si bien qu’en 1954, Franz Schnyder en réalise la suite, «Heidi et Pierre», qui est aussi le premier long-métrage en couleurs réalisé en Suisse. Puis, les aventures d’Heidi servent de scénario à plusieurs films, dessins animes, séries de télévision, pièces de théâtre et bandes dessinées. La célèbre série de dessins animes japonais d’Isao Takahata (à laquelle Hayao Miyazaki a également collaboré) ou la série télévisée allemande avec Katja Polletin font, par exemple, la joie des enfants et des parents dans de nombreux pays. Le réalisateur suisse Markus Imboden a lui-même tourné un «Heidi» en situant la petite fille en 2001: elle y a les cheveux bleus, joue à des jeux vidéo et conduit un tracteur! Coproduite par la France et la Suisse, une nouvelle série de télévision intitulée «Heidi» est sortie en 2008. Heidi y est aussi présentée comme un personnage contemporain, mais beaucoup plus âgé, émancipé, critique et mature, ce qui ne correspond pas non plus à la Heidi décrite par Johanna Spyri.

Heidi et la publicité

Comme elle est très célèbre et que tout le monde la trouve gentille, Heidi a souvent été utilisée dans les publicités. Dans les Grisons, la région de Suisse où se situent les aventures de la petite montagnarde, on peut suivre un sentier qui retrace l’histoire d’Heidi. Il y a également de nombreux produits de merchandising qui portent l’effigie d’Heidi, comme des fromages, des chaussettes, des T-shirts ou des poupées. Johanna Spyri était sûrement loin de se douter que son héroïne connaîtrait un tel succès!