Première projection: 1896
Premier film réalisé: 1895
Langue(s): anglais, gallois, écossais.

Au Royaume-Uni de Grande-Bretagne, le cinéma a beaucoup été influencé par les Etats-Unis et en particulier par Hollywood. Mais ce pays a su développer sa propre production cinématographique et ses propres genres, notamment avec le documentaire et la comédie britannique.

Du gros plan au documentaire
Dès les débuts du cinéma, les Anglais Georg Albert Smith et James Williamson tournent des actualités. En mettant bout à bout leurs prises de vues et en travaillant le cadrage, ils contribuent au développement du montage et du gros plan. Leur apport est si important qu’on les regroupe sous le courant «Ecole de Brighton». Au fil des années 1910 et 1920, des studios regroupant des techniciens de qualité voient le jour en Grande-Bretagne. On y tourne des comédies burlesques inspirées du music-hall, des films noirs et de nombreuses adaptations littéraires. En 1925 sort sur les écrans anglais le premier film d’Alfred Hitchcock. Ce dernier ne va pas tarder à devenir l’un des plus grands cinéastes au monde. Par ailleurs, en 1929, «Drifters» de John Grierson montre la vie silencieuse de pêcheurs de harengs et révolutionne la façon de voir les travailleurs au cinéma. Marqué par la réalité sociale anglaise, ce film annonce l’Ecole documentaire britannique, qui verra venir Robert J. Flaherty en Grande-Bretagne.

Du fantastique à la comédie, en passant par le documentaire
Dès les années 1930, des cinéastes anglais se tournent vers le fantastique et font frémir les spectateurs, notamment grâce à l’acteur Boris Karloff. Puis, pendant la Deuxième Guerre mondiale, de nombreux films de propagande sont réalisés afin d’encourager à la mobilisation des soldats anglais contre l’Allemagne nazie. Durant les années 1940 et 1950, les studios Ealing produisent des comédies à l’humour anglais si particulier, comme «Noblesse oblige». Ce sont les comédies britanniques. Quant aux studios Hammer, ils commencent à réaliser de nombreux films d’horreur utilisant le procédé couleur Technicolor, dans des films comme «La Malédiction de Frankenstein» ou «Le Cauchemar de Dracula» de Terence Fisher.

Free Cinema et superproductions
Dans les années 1960, des jeunes cinéastes se révoltent contre l’ordre et la sécurité et fondent le Free Cinema. Mais on continue aussi à tourner des superproductions, comme «James Bond» ou «Superman», souvent à l’initiative de producteurs américains qui profitent de la qualité des studios anglais. C’est à cette époque que David Lean réalise le fameux «Lawrence d’Arabie». Cette période est également marquée par l’influence pop de groupes de rock comme les Beatles, dont les chansons donnent matière à des films, tels «Quatre Garçons dans le vent» ou «Yellow Submarine».

Réalisme sociale et comédie britannique
Au début des années 1970, de jeunes réalisateurs influencés par le Free Cinema tournent des films réalistes et lancent un nouveau courant: le réalisme social, dont Ken Loach et Stephen Frears sont deux figures importantes. Parallèlement, on assiste à un renouveau de la comédie britannique avec les films déjantés des Monty Python. Quant aux studios Aardman, fondés en 1972, ils vont se spécialiser dans l’animation de pâte à modeler et connaître la célébrité avec Wallace et Gromit de Nick Park.

Une attirance mutuelle
Les Etats-Unis ont beaucoup influencé le cinéma de Grande-Bretagne, car on parle la même langue dans les deux pays: l’anglais. Au XIXe siècle, Edweard Muybridge et William Dickson (l’assistant de Thomas A. Edison) ont quitté l’Angleterre pour aller mener leurs recherches sur le précinéma aux Etats-Unis. Après la Première Guerre mondiale, les Majors américaines ont pris le contrôle des systèmes de production et de distribution anglais. A l’image d’Alfred Hitchcock, et plus tard d’Alan Parker, Ridley Scott ou Danny Boyle, de nombreux réalisateurs anglais sont partis travailler à Hollywood. Il faut dire également que certains cinéastes américains, comme Joseph Losey ou Stanley Kubrick, ont fait le chemin inverse. «Docteur Folamour», par exemple, est une production anglaise. La Grande-Bretagne a donc, elle aussi, bénéficié de sa relation avec les Etats-Unis.

Le cinéma pour jeune public en Grande-Bretagne
La Grande-Bretagne s’intéresse très tôt aux jeunes spectateurs: le premier ciné-club pour jeune public y est fondé en 1943. Et il existe de nombreux films anglais destinés aux jeunes. Parmi les plus connus, on peut citer «Oliver Twist», «La Ferme des animaux», «Kes», «Bugsy Malone», «Dark Crystal», «La guerre a sept ans» ou «Chicken Run».