Première projection: 1895
Premier film réalisé: 1895
Langue(s): français

La France l’un des pays les plus importants de l’histoire du cinéma, puisqu’elle a joué un rôle décisif dans l’invention du cinéma. De plus, c’est en France que les cinéastes font le plus de premiers longs-métrages. Enfin, il s’agit de l’un des pays européens qui résistent le mieux à l’envahissement des films produits à Hollywood.

La course au cinéma
Le 27 décembre 1895, les frères Lumière gagnent la course à l’invention du cinéma en imposant leur caméra-projecteur sous le nom de «cinématographe». La même année, ils organisent la première séance payante. Dès lors, le cinéma n’est plus seulement une invention scientifique: il devient aussi un spectacle! Grâce aux prises de vue produites par les frères Lumière et aux films de Georges Méliès, les spectateurs découvrent les premiers documentaires et les premières fictions. C’est aussi en France que le genre du film burlesque est lancé par Max Linder et d’autres cinéastes comiques dans les années 1910. Puis, de 1920 à 1930, les cinéastes français des avant-gardes du Muet, comme René Clair, prouvent que le cinéma est un art, au même titre que l’architecture, la sculpture, la peinture, la musique, la poésie et la danse. Dès lors, on qualifie volontiers le cinéma de «septième art». Les premières critiques de films sont publiées dans les journaux. Pour la première fois, on commence à parler de cinéma d’auteur. A la même époque, avec notamment l’écrivain Jacques Prévert et le réalisateur Luis Buñuel, naît le courant du surréalisme, qui aura une grande influence sur le cinéma dans le monde entier.

L’arrivée du cinéma sonore
Après l’arrivée du sonore, des cinéastes isolés, comme Jean Vigo, réalisent des chefs-d’oeuvre qui sont malheureusement boudés par le grand public. D’autres, comme Jean Renoir, Sacha Guitry ou Marcel Pagnol commencent leurs brillantes carrières. Entre 1930 et 1940, certains, à l’image de Marcel Carné, lancent un nouveau courant, le réalisme poétique, dont les actrices et acteurs, tels Arletty et Jean Gabin, restent célèbres jusqu’à nos jours.

L’exception culturelle et la critique
A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la France a de la peine à retrouver son originalité, malgré le travail remarquable de Robert Bresson, Jean-Pierre Meleville, Jacques Becker, Jean Cocteau, puis Alain Resnais et René Clément. Jacques Tati réveille alors à lui tout seul le cinéma comique français. Dès 1958, de jeunes critiques de cinéma, tels François Truffaut, Jacques Rivette, Jean-Luc Godard ou Claude Chabrol, passent à l’action et tournent des films qui démontent les règles du cinéma traditionnel. Les journalistes baptisent ce mouvement la «Nouvelle Vague». Leur exemple a encouragé plein de jeunes cinéastes à faire leurs débuts. Voilà pourquoi la France est encore aujourd’hui le pays où se tournent le plus de premiers longs-métrages. Leurs auteurs réalisent très souvent leurs films avec l’aide de l’Etat qui soutient beaucoup le cinéma. C’est à cause des nombreuses subventions du gouvernement pour les réalisations que l’on parle en France de «l’exception culturelle». Depuis les débuts du cinéma, la France est également le pays de la critique de film et de la théorie. Les articles et les livres sur le cinéma que l’on y écrit sont un rempart contre l’uniformisation des images et des façons de raconter. D’autre part, les années 1950 et 1960 voient aussi se développer la comédie française, grâce à Fernandel, Louis de Funès ou André Bourvil.

Des films d’auteurs et des blockbusters
Dans les années 1970 à 1990, le cinéma français voit venir de nouveaux acteurs et actrices, réalisatrices et réalisateurs, qui vont rester longtemps célèbres: Gérard Depardieu puis Jean Reno, Isabelle Hupert puis Sandrine Bonnaire, Alain Corneau, Patrice Leconte puis Luc Besson, et tant d’autres! Certains perpétuent la tradition du cinéma d’auteur: Maurice Pialat ou André Téchiné, puis Jean-Pierre Jeunet, François Ozon ou Christophe Honoré. D’autres produisent des blockbusters pour rivaliser avec Hollywood, à l’image de «Astérix et Obélix – Mission Cléopâtre», par exemple. D’ailleurs, aujourd’hui, la majorité du public ne va pas voir les films d’auteurs et préfère les superproductions.

Le cinéma jeune public en France
La France a produit un grand nombre de films destinés aux jeunes, même si elle n’en a pas fait une spécialité comme en Suède ou aux Etats-Unis. On peut notamment citer «La Belle et la Bête», «Les Vacances de Monsieur Hulot», «Crin blanc» & «Le Ballon rouge», «Le Cerf-volant du bout du monde», «Les 400 coups», «La Guerre des boutons», ou des dessins animés, comme «Le Roi et l’Oiseau», «Le Château des singes», «La Prophétie des grenouilles», «Azur et Asmar», etc.