«Excalibur», une épopée légendaire dans un Moyen Age fantastique.

Le fantastique se caractérise par l’apparition de quelque chose d’inexplicable dans un monde familier. Dans toute fiction, il peut surgir quand des éléments étranges et irrationnels se produisent et viennent perturber le cours normal de la vie. Le genre fantastique regroupe donc les films qui ont comme sujet principal des événements surnaturels et des personnages véritablement extraordinaires.

Un cinéma étrange
Le cinéma fantastique emploie des personnages qui n’existent pas dans la réalité: des fantômes, des vampires, des monstres, des animaux géants, des créatures diaboliques, etc. Les histoires se passent généralement dans des lieux inquiétants: des caves, des souterrains, des grottes, des châteaux et des cimetières hantés, des régions désertées, des villages perdus, des laboratoires de savants fous, etc. On y découvre des métamorphoses, des envoûtements, de la sorcellerie… Mais, au début, les films fantastiques présentent souvent un monde réaliste et crédible. C’est d’ailleurs ce qui les différencie des films de science-fiction. Puis, dans un second temps, on assiste à un glissement du réel vers le surnaturel: des créatures insolites apparaissent, comme dans «Vampyr», «Docteur Jekyll et Mister Hyde» et «King Kong»; ou des événements étranges et anormaux se produisent, comme dans «La Charrette fantôme», «L’Homme invisible», «Les Oiseaux», etc. Cependant, comme avec tous les genres, le classement est parfois difficile. Certains films, comme «La Nuit du chasseur», sont proches du fantastique sans pour autant y appartenir vraiment: ils instaurent un climat inquiétant grâce à la lumière et à la musique, mais sans recourir à des phénomènes surnaturels. Ce sont alors peut-être des films à ranger dans le merveilleux ou l’heroic fantasy, qui sont des sous-genres du cinéma fantastique.

De la littérature au cinéma
Inspirés par un courant littéraire mondial consacré au surnaturel, dont Edgar Allan Poe est l’un des plus célèbres écrivains, les films fantastiques sont apparus dès le cinéma muet, tout d’abord en France avec les films merveilleux de George Méliès. Puis, en Suède, Victor Sjöström et Mauritz Stiller développent dès 1912 les ambiances fantastiques, notamment grâce à un emploi très élaboré de la lumière. Ils contribuent ainsi de manière décisive à la création du genre. En Allemagne, les cinéastes issus de l’expressionnisme empruntent à la littérature les personnages inquiétants qui deviendront bientôt les emblèmes du fantastique dans des films comme «Nosferatu» ou «Le Cabinet du Docteur Caligari». En 1931, le genre apparaît aux Etats-Unis avec «Dracula», «Frankenstein» et «King Kong», qui connaissent un succès phénoménal au box-office. Les producteurs flairent la bonne affaire et se servent désormais de ces monstres incontournables pour lancer des séries. Ils sont dès lors propices à la parodie et au remake: le premier «Godzilla» sort en 1954.

Du fantastique au film d’horreur

Dans les années 1950 et 1960, le cinéma fantastique se décline dans de nombreux pays sous des formes et dans des styles très variés. Il gagne l’Italie, la Grande-Bretagne, le Japon ou l’Espagne, puis la Corée du Sud, etc. Certains réalisateurs, comme Mario Bava, Terence Fisher, Masaki Kobayashi, Jesús Franco ou Ryoo Seung-wan deviennent de véritables spécialistes du genre. La généralisation de la couleur et les progrès des effets spéciaux permettent de donner plus de réalisme au fantastique. On peut désormais, par exemple, créer un King Kong plus vrai que nature, avec des poils qui ondulent dans le vent… Cela contribue à l’apparition de genres voisins, comme le film d’horreur, puis le film gore et l’heroic fantasy. Cependant, le fantastique a toujours autant de succès, comme en témoignent les nombreux films au programme des festivals internationaux qui lui sont consacrés.

Pas seulement réservé aux adultes
Bien que les films fantastiques soient souvent réservés aux adultes, parce qu’ils font peur, jouent sur la surprise et le dépaysement, il en existe aujourd’hui beaucoup qui sont spécialement destinés au jeune public. Il suffit de penser à «L’Etrange Noël de Monsieur Jack» ou à «Monster House», par exemple.