«Nanouk l’Esquimau», l’un des premiers documentaires de l’Histoire.

Dans les films documentaires, les cinéastes s’efforcent de montrer le monde tel qu’il est en réalité. Ils s’intéressent généralement à la société, aux quotidiens ou aux modes de vie des gens, à leurs traditions ou à leurs métiers, aux événements historiques, aux faits scientifiques, aux animaux, à la nature, etc.

Reconstituer la vérité
Pour réaliser un film documentaire, c’est-à-dire montrer le monde en respectant la vérité, le réalisateur ne filme pas simplement au hasard. Il choisit ses personnages, même si ce ne sont pas des acteurs. Il détermine le point de vue de la caméra. Il choisit aussi la musique. Parfois, il fait répéter des scènes, reconstitue des images en studio, commente le film, etc. Il existe même des documentaires créés entièrement en images de synthèse, comme ceux sur les dinosaures. Filmer la vie telle qu’elle, cela exige tout un travail de scénario, de repérages, de montage, etc. En général, il y a deux façons de tourner un documentaire: soit on filme sur le vif, en restant le plus discret possible ou en faisant des interviews (comme dans les reportages), soit on fait rejouer aux gens des scènes inspirées de leur vie de tous les jours, comme dans «Nanouk l’Esquimau» de Robert J. Flaherty, l’un des premiers longs-métrages documentaires de l’histoire du cinéma. Dans tous les cas, les documentaires recourent à la mise en scène, comme les films de fictions, mais en s’efforçant de rester fidèles à la réalité.

Plusieurs sortes de documentaires
Il existe plusieurs catégories de documentaires. Les documentaires animaliers montrent la vie des animaux, comme dans «Microcosmos, le peuple de l’herbe», «Le Peuple migrateur» ou «La Marche de l’Empereur». Dans les films-concerts, on découvre des stars de la musique pendant leurs tournées. Les films scientifiques retracent les recherches des grands savants. Il y a aussi les films-portraits qui présentent des gens célèbres, les films ethnographiques qui expliquent les coutumes d’autres peuples, les actualités ou les reportages qui exposent des sujets actuels, etc.

Dès les débuts du cinéma
Les toutes premières images de l’histoire du cinéma étaient déjà documentaires: les premières «vues» des frères Lumière montrent en effet des travailleurs sortant d’une usine. A l’époque, c’est un véritable émerveillement, ces images en mouvement éveillent une curiosité nouvelle auprès du public! Les opérateurs des frères Lumière sillonnent alors le monde pour ramener des images qui ravissent les spectateurs. A la découverte du cinéma s’ajoute celle des autres peuples, des habits, des coutumes, des paysages les plus divers. C’est pourquoi, les actualités cinématographiques et les films d’exploration, deux genres documentaires, vont rencontrer un énorme succès.

Un genre à part entière
C’est au fil des années 1920 que le documentaire devient un genre cinématographique à part entière. En 1922, l’Américain Robert J. Flaherty présente «Nanouk l’Esquimau» et démontre grâce à ce film que ce genre peut lui aussi raconter des histoires passionnantes (tout comme la fiction, à la différence que le documentaire s’efforce de raconter la réalité). En Allemagne, Walter Rutman livre un documentaire poétique intitulé «Berlin, symphonie d’une grande ville», tandis qu’en URSS (actuelle Russie) Dziga Vertov tourne «L’Homme à la caméra». Désormais, le documentaire devient un genre majeur dans de nombreux pays, dont également la Grande-Bretagne, la France ou les Etats-Unis.

Des documentaires de cinéma
Pendant longtemps, les caméras et les équipements sonores ont été le principal problème des documentaires. Ils étaient si lourds et si encombrants que le transport sur les lieux de tournage était difficile. D’autre part, un tel matériel ne facilitait pas la discrétion, qui était indispensable aux cinéastes désireux de tourner des documentaires. L’invention de la caméra 16mm et celle du cinéma sonore ont permis de faire plus de documentaires à partir des années 1960. A cette époque, un nouveau mouvement se fit connaître sous le nom de «cinéma vérité» (ou cinéma direct), avec notamment les films de Jean Rouch. Depuis les années 1970, la télévision produit de plus en plus de documentaires ou reportages, qui sont souvent tournés rapidement pour être en lien avec l’actualité. Mais les films documentaires, qui sont destinés avant tout à passer dans les salles de cinéma, sont de bien meilleure qualité. Depuis quelques années, certains d’entre eux rencontrent parfois un immense succès au box-office, comme «Etre et avoir», à tel point qu’ils rivalisent avec des films de fiction. Aujourd’hui, grâce au développement des caméras numériques, le documentaire connaît encore une expansion supplémentaire.