Mickey Mouse, la célèbre souris de Walt Disney, ici dans «Fantasia».

Le dessin animé regroupe l’ensemble des films qui utilisent l’animation de dessins. En tant que technique, le dessin animé permet de raconter des histoires de tous les genres cinématographiques, du western à la comédie en passant par l’aventure. La plupart des dessins animés sont des longs-métrages ou des courts-métrages destinés au jeune public, mais il en existe également qui sont réservés aux adultes. On produit des dessins animés dans presque tous les pays producteurs de films. Mais les Etats-Unis et le Japon sont les seuls à avoir mis en place une véritable industrie du dessin animé.

Des dessins qui s’animent
Le dessin animé recourt à l’animation image par image: des dessins comportant des légères variations sont photographiés les uns après les autres par la caméra fixée sur le banc-titre. Comme il faut dessiner et filmer 12 à 24 dessins par seconde, cela représente un travail gigantesque! C’est pourquoi, les premiers dessins animés sont presque tous des courts-métrages. Comme ils ne sont pas très coûteux, ils constituent un bon terrain d’expérimentation du son et de la couleur. Pour faciliter leur travail, les animateurs ont ensuite développé plusieurs procédés, comme le cellulo ou le rotoscope. Jusqu’à l’arrivée du numérique, le dessin animé fonctionnait grâce à la technique de l’animation image par image. Mais, aujourd’hui, il se tourne avec succès vers l’image de synthèse en 2D ou en 3D. Les longs-métrages se succèdent et rencontrent un enthousiasme extraordinaire, comme le prouvent «Le Monde de Némo» ou «Ratatouille». Le dessin animé est devenu très important du point de vue économique, car il rapporte beaucoup d’argent. Les grands producteurs le considèrent en effet comme un moyen pratique d’augmenter le nombre de spectateurs dans les salles de cinéma en attirant les enfants et leurs parents.

Tout imaginer

Parmi les différentes techniques d’animation, le dessin animé est la plus répandue, parce qu’il s’est développé de manière industrielle. En effet, il fait intervenir une longue chaîne de production aux métiers spécifiques: l’animateur, le gouacheur, le traceur, l’intervalliste, etc. Bien qu’il soit maintenant réalisé à l’ordinateur, le dessin animé naît toujours sur une feuille de papier blanche. Il offre donc une grande liberté aux cinéastes, qui peuvent tout imaginer.

Les débuts
Le 17 août 1908, Emil Cohl projette ses «Fantasmagories» à Paris. Constitué de près de trois mille dessins, ce court-métrage est considéré comme le premier dessin animé de l’histoire du cinéma, car c’est le premier à raconter une petite histoire complète. Aux Etats-Unis, les studios Bray tournent la première série de dessins animés en 1913. Puis, Earl Hurd invente le cellulo et un pionnier de la bande dessinée nommé Winsor McCay réalise «Gertie le dinosaure». C’est un énorme succès! Les producteurs américains décident donc d’investir dans le dessin animé. Mais le premier long-métrage de dessin animé, «El Apóstol», est réalisé par un Argentin en 1917. Deux ans plus tard, l’Américain Otto Messmer invente Félix le chat qui devient une star autant populaire que des personnages en chair et en os comme Charlot ou Buster Keaton. En 1928, Walt Disney réalise «Steamboat Willie», le premier dessin animé sonore de l’histoire du cinéma, et fait rapidement de Mickey Mouse une célébrité mondiale. De leur côté, les frères Fleischer dessinent Betty Boop et Popeye. Quant à Tex Avery, il s’impose grâce à un rythme différent et des gags absurdes, notamment avec Daffy Duck et Bugs Bunny. Aux studios MGM, les dessinateurs William Hanna et Joseph Barbera inventent les fameux Tom et Jerry.

L’empire Disney

Dès les années 1930, le dessin animé devient une véritable industrie. De nombreux studios se spécialisent en effet dans ce genre et l’organisent grâce au travail à la chaîne. En 1932, les studios Disney livrent le premier dessin animé en couleur grâce au Technicolor. Ils connaissent une ascension fulgurante et vont régner en maître sur le genre pendant plus de 60 ans, grâce aux célèbres «Blanche Neige et les Sept Nains» «Pinocchio» ou «Bambi». Les autres animateurs ont bien du mal à concurrencer Disney. Seuls les frères Fleischer parviennent à rivaliser en réalisant «Les Voyages de Gulliver». En Europe, on voit néanmoins arriver sur les écrans d’excellents longs-métrages, comme «La Ferme des animaux». Dès les années 1950, le dessin animé, autrefois considéré comme enfantin par le grand public, devient un genre familial. A chaque fête de Noël, les familles découvrent un nouveau film Disney. Mais, aujourd’hui, les dessins animés ne sont plus seulement destinés aux enfants, comme le prouvent «Persepolis» ou «Tokyo Godfathers», par exemple.

Le dessin animé japonais
Au Japon, Osamu Tezuka s’inspire du manga avec «Astro, le petit robot», l’une des premières séries animées japonaises diffusées à la télévision. Dès les années 1980, le dessin animé japonais, ou «anime», devient le genre télévisuel jeune public par excellence. De «Goldorak» à «Candy», des productions japonaises de mauvaise qualité inondent le petit écran. Heureusement, certains animateurs japonais, comme Hayao Miyazaki, livrent des chef-d’oeuvres comme «Princesse Mononoké» ou «Le Voyage de Chihiro», etc.

Le dessin animé dans le reste du monde
Tandis que, chacun à leur manière, les Etats-Unis et le Japon se concentrent sur l’industrialisation du dessin animé, les autres pays préfèrent la recherche artistique et l’élaboration de techniques artisanales, comme en témoignent leurs films: la Russie avec «La Reine des neiges», la Chine avec «Le Roi des singes», la Grande-Bretagne avec «Yellow Submarine», le Danemark avec «L’Enfant qui voulait être un ours», ou l’Espagne avec «Nocturna, la nuit magique», etc. En France, il faut notamment retenir «Le Roi et l’Oiseau», «La Prophétie des grenouilles» ou «Les Triplettes de Belleville». L’Italie témoigne également d’un style bien à elle, surtout grâce à Bruno Bozzeto et Enzo D’Alò.

Le dessin animé aujourd’hui
Aujourd’hui, faire de l’animation coûte très cher, soit parce que les nouvelles techniques numériques sont très complexes, soit parce que les techniques traditionnelles nécessitent un travail gigantesque. C’est pourquoi, la plupart des dessins animés réalisés en Europe sont des co-productions entre les différents pays, comme «Azur et Asmar», par exemple. Aux Etats-Unis, les grands producteurs n’hésitent pas à investir dans le dessin animé. Il faut dire qu’il rapporte généralement beaucoup d’argent dès la sortie en salle de cinéma, où les parents accompagnent leurs enfants, puis grâce à la vente de produits de merchandising et de DVD.