Première projection: 1903
Premier film réalisé: 1919
Langue(s): coréen

Le cinéma sud-coréen a été très influencé par l’histoire politique de son pays. Il a connu un essor très important après la guerre qui divisa la Corée en deux. Aujourd’hui, grâce au soutien de l’Etat, qui privilégie la production nationale, la Corée du Sud est l’un des rares pays à résister à la concurrence étrangère, si bien que son industrie cinématographique, faite de superproductions mais aussi de films indépendants, est l’une des plus productives et des plus intéressantes au monde.

La censure du Japon
En 1905, le Japon envahit la Corée. Les Coréens ont à peine eu le temps de découvrir le cinéma que leur production cinématographique est dirigée par les occupants japonais qui l’utilisent pour faire de la propagande. C’est pourquoi, le premier court-métrage véritablement coréen n’est tourné qu’en 1919 et il faut attendre 1923 pour que les premiers longs-métrages coréens apparaissent sur les écrans. Dès lors, un mouvement de résistance contre l’emprise des Japonais se développe et réalise des films qui critiquent l’occupation et exaltent les sentiments nationalistes des Coréens. Mais, dès l’arrivée du cinéma sonore, le Japon pratique une censure violente en interdisant les films parlés en coréen et en détruisant ceux qui ont été produits jusque-là. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, qui touche aussi l’Asie, le Japon fait pratiquement cesser la production coréenne en n’autorisant que les films de propagande.

La Corée du Sud et la Corée du Nord
A la fin de la guerre, la Corée est libérée de l’envahisseur japonais. Les cinéastes coréens font à nouveau des films qui racontent la résistance contre l’occupant. Mais la tension monte entre le Nord du pays, influencé par l’Union soviétique (actuelle Russie), et le Sud, placé sous la domination des Etats-Unis. Finalement, en 1948, la Corée se sépare en deux Etats qui se font la guerre: la Corée du Nord et la Corée du Sud. Le cinéma redevient un instrument de propagande. En Corée du Nord, on ne peut pas s’exprimer librement à cause de la dictature au pouvoir, ce qui empêche les cinéastes de travailler. En Corée du Sud, les Etats-Unis favorisent le développement de l’industrie du cinéma et l’on assiste à un véritable boom cinématographique dès 1953. L’Etat soutient financièrement et avec des lois la production, qui augmente considérablement et exploite tous les genres, du film d’arts martiaux à la comédie, en passant par le mélodrame. Les films mélodramatiques coréens se développent de manière considérable en prônant des valeurs culturelles traditionnelles coréennes issues de l’idéologie de Confucius, dont fait notamment partie la soumission des femmes.

Nouvelle censure et nouvelle vague
En 1961, un dictateur prend le pouvoir en Corée du Sud. Ce dernier instaure une censure sévère. En 1972, tous les films qui parlent de politique ou qui critiquent un peu le pouvoir sont interdits. Certains cinéastes doivent s’exiler. De plus, la télévision commence à concurrencer le cinéma. Mais cela n’empêche pas la production de continuer à se développer. A l’étranger, on commence à découvrir les grands réalisateurs coréens, comme Im Kwon-Taek, par exemple, qui a tourné plus de cent films!

Des indépendants et des studios
Dans les années 1980, les étudiants se révoltent contre la dictature et sont réprimés dans le sang. Mais ils provoquent la chute de la dictature en 1987. Les Coréens peuvent enfin s’exprimer librement. Une nouvelle vague de cinéastes fait son apparition et développe un véritable cinéma d’auteur, avec notamment Hong Sang-soo, dont les films mettent en scène des relations d’amour tortueuses, et Kim Ki-Duk, dont la capacité à raconter sans dialogues est inouïe. Aujourd’hui, le cinéma coréen est toujours marqué par cette production indépendante, qui circule dans les festivals internationaux et fait l’objet de rétrospectives. Mais le public coréen est aussi composé d’adolescents qui sont très avides de divertissements. Une nouvelle génération de réalisateurs produit pour eux des films souvent violents ou fantastiques et parfois même très gore. Appelée «hallyu», cette nouvelle vague pop, composée de cinéastes comme Park Chan-Wook et Bong Joon-Ho, envahit les studios. Depuis les années 1990, l’industrie cinématographique coréenne est même devenue l’une des plus importantes d’Asie: elle concurrence Hong-Kong et Taiwan et est renommée dans le monde entier. Il faut dire que le gouvernement favorise et protège le cinéma national, notamment en limitant le nombre de films américains dans les salles de cinéma, ce qui ne plaît pas beaucoup à Hollywood. La production de films d’animation appartient notamment à la tradition cinématographique nationale et les studios d’animation sud-coréens sont très performants. Ils forment une véritable industrie: ils réalisent des longs-métrages de cinéma et des séries de télévision non seulement pour la Corée du Sud, mais aussi pour d’autres pays qui les commandent.

Le cinéma jeune public en Corée du Sud

Etant donné l’essor du cinéma sud-coréen, les films destinés au jeune public y sont très nombreux, à l’image des films d’animation tels que «Mari Iyagi». Ce sont aussi des comédies fantastiques, en particulier destinées aux adolescents et aux jeunes adultes, comme «The Host», et des films indépendants qui font figure de chefs-d’œuvre, comme «Jiburo».