«Chantons sous la pluie», un grand classique de la comédie musicale.

La comédie musicale réunit les films qui racontent une histoire en mêlant la comédie, la musique, les chansons et la danse. Apparue à Hollywood avec l’arrivée du cinéma sonore, la comédie musicale s’est particulièrement développée aux Etats-Unis, mais aussi en Egypte et surtout en Inde, où elle est toujours le genre le plus prisé du public.

Avec le cinéma sonore
Le terme «comédie musicale» vient du théâtre où il désigne les pièces qui accordent beaucoup d’importance au chant et à la danse. Au cinéma, les comédies musicales se caractérisent par une fiction assez simple qui fait intervenir des moments musicaux. Ce sont des films de divertissement, joyeux et enchanteurs. Leur but est de divertir le spectateur en soulevant son enthousiasme par des chansons et des danses. La naissance de la comédie musicale se confond logiquement avec celle du cinéma sonore, à la fin des années 1930. Dès lors, on assiste au développement de ce genre dans de nombreux pays. C’est un véritable boum! Puis, dans les années 1960, la production de comédies musicales chute. Malgré cela, ce genre subsiste encore aujourd’hui. Par ailleurs, la comédie musicale entretient depuis longtemps un rapport étroit avec le cinéma d’animation. Il suffit de penser à «Blanche Neige et les Sept Nains» ou à «L’Etrange Noël de Monsieur Jack», par exemple.

La comédie musicale américaine
Réalisé en 1929 aux Etats-Unis, «The Broadway Melody» est l’une des premières comédies musicales de l’histoire du cinéma. Les Américains commencent à reprendre au cinéma les spectacles de Broadway, une rue de New York très réputée pour ses théâtres et ses music-halls. Ils tournent alors des films qui montrent des enchaînements de chants et de danses, interprétés par des chanteuses en petites tenues et des chanteurs en smoking qui dansent sur une scène. Dans de nombreuses comédies musicales, ils présentent même des dizaines de danseuses ou de nageuses (généralement multipliées par des miroirs), comme dans les productions de Busby Berkeley. Mais le public a l’impression d’assister à des spectacles plutôt qu’à des films de fiction et s’en lasse vite, car ils ne racontent pas d’histoires. Les studios réagissent et décident de faire des films qui mêlent récits et chants, c’est-à-dire dans lesquels les personnages se mettent tout à coup à danser et à chanter au milieu de l’histoire. Bien que peu vraisemblable, cette nouvelle formule est bien acceptée par le spectateur. La comédie musicale passe donc de la scène à une réalité qui contient des moments de rêve, comme les numéros de claquettes du fameux couple Ginger Rogers et Fred Astaire, par exemple.

En chansons et en couleurs

Dans les années 1940, on produit aux Etats-Unis un nombre considérable de comédies musicales. Ce souvent des films qui coûtent cher, car les décors y sont somptueux et les acteurs très nombreux. Les intrigues y sont souvent gaies et les musiques entraînantes. Dans les années 1950, l’arrivée de la couleur permet de tourner des comédies musicales qui font rêver, comme «Le Magicien d’Oz». En 1952, les stars de Broadway, l’acteur-danseur Gene Kelly et le réalisateur Stanley Donen, réalisent le fameux «Chantons sous la pluie», qui reste l’une des comédies musicales les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Dès les années suivantes, le cinémascope offre le moyen de donner encore plus d’espace aux chorégraphies, comme dans «Brigadoon» de Vincente Minnelli qui s’impose comme l’un des maîtres du genre. Cependant, dans les années 1960, la fréquentation des salles baisse et les studios n’arrivent plus à faire face aux énormes coûts que nécessitent les comédies musicales. On produit beaucoup moins de comédies musicales, bien que sortent de temps en temps sur les écrans des films comme «Mary Poppins», «La Mélodie du bonheur», «The Rocky Horror Picture Show», «Bugsy Malone», «Hair» ou «Les Blues Brothers».

La comédie musicale dans le monde
Dès l’arrivée du cinéma sonore, on a tourné des comédies musicales dans de nombreux pays, mais avant tout dans ceux qui cultivent de fortes traditions musicales. En Inde, c’est devenu le genre par excellence: de «Mother India» à «Lagaan», les comédies musicales indiennes restent les films de prédilection du public indien! Aujourd’hui, celles qui sont produites à Bollywood rencontrent aussi un succès international. L’Egypte a également produit de nombreuses comédies musicales dès les années 1950, comme «Le Chant immortel», ou plus récemment, «Silence… on tourne». En Chine, les comédies musicales se sont multipliées pendant la Révolution culturelle, à des fins de propagande. En URSS (actuelle Russie), dans les années 1930, Grigori Aleksandrov a remporté un triomphe avec «Les Joyeux Garçons», mais la comédie musicale ne représente qu’une toute petite partie des nombreux films produits dans ce pays à cette époque. Enfin, en France, Jacques Demy est l’un des rares cinéastes à s’être tourné vers ce genre avec «Les Parapluies de Cherbourg» et «Peau d’âne».