Le cinémascope, ou «scope», est un format très large. Pour être précis, l’image en scope est 2,35 fois plus large que haute et s’étend sur presque toute la largeur de l’écran.

Des images étirées et une projection élargie

Pour obtenir une image si large, on utilise une caméra avec un objectif particulier qui allonge les images. On a ainsi plus de place sur la pellicule et l’on peut donc filmer des espaces plus grands. Pour que les images ne soient pas allongées lors de la projection, il faut les corriger. Pour cela, on place un objectif spécial sur le projecteur, qui remet les images en forme. Ce procédé s’appelle l’«anamorphose», un mot grec qui signifie que l’on déforme et reforme ensuite une image.

Dès les années 1950
A partir des années 1950, la télévision commence à concurrencer le cinéma aux Etats-Unis. Les gens restent plus volontiers à la maison et regardent en famille les images animées du petit écran. Il y a de moins en moins de public au cinéma. A Hollywood, on se demande alors comment faire revenir les spectateurs dans les salles. On expérimente des innovations spectaculaires, qui doivent démontrer que le cinéma est mieux que la télévision. L’Odorama, par exemple, est une salle de cinéma où sont diffusés des odeurs et des parfums. Il y a aussi les projections en 3D, où le public est muni de lunettes bicolores et voit des monstres se jeter sur lui. Mais ce sont les écrans géants qui se révèlent être le meilleur moyen d’attirer les foules. Grâce au scope, l’écran est presque entièrement recouvert par l’image, on entre donc plus facilement dans l’histoire du film. C’est plus impressionnant qu’à la télé! «The Robe», sorti en 1953, raconte l’exécution de Jésus au temps des Romains et est le premier film en format scope. Dès lors, le cinémascope devient véritablement une mode.

Un format pour certains genres
Le cinémascope s’accorde mieux à certains genres qu’à d’autres. Il est idéal pour les westerns ou les péplums, dans lesquels les larges paysages ou les grands bâtiments sont très importants. Un film catastrophe est aussi plus impressionnant en scope. Dans «Playtime», Jacques Tati utilise un grand format pour mettre plusieurs gags dans le même plan. Comme le montre le résultat, c’est très fructueux! Par contre, d’autres réalisateurs ont fait des commentaires négatifs sur le cinémascope. Ainsi, Fritz Lang a dit que ce format était tout juste bon à filmer des serpents et des enterrements.