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Une cascade désigne une scène dont le tournage est risqué. Des acrobaties périlleuses aux reconstitutions d’accidents, les cascades sont souvent réalisées à l’aide de trucages, mais comportent toujours des risques. C’est pourquoi, elles sont effectuées par des cascadeurs et rarement par les acteurs eux-mêmes.

Une action risquée
Au cinéma, on réalise une cascade quand on filme une scène d’action dangereuse à tourner. Il y en a beaucoup dans les films policiers, d’aventures, d’action ou d’espionnage, comme les James Bond, où l’on assiste à des courses-poursuites, des bagarres, des accidents et des explosions. Mais, contrairement à ce que l’on peut penser, il y a aussi des scènes de cascades dans les films moins spectaculaires, comme les mélodrames, les comédies, les drames, etc. Bien sûr, elles y sont moins évidentes, mais quand même bien présentes. En effet, on ne se rend pas forcément compte de ce qu’il a fallu faire lors du tournage: une simple chute dans un escalier nécessite une cascade de professionnel! Il y en a donc dans tous les genres cinématographiques et elles sont plus ou moins impressionnantes. Et, bien que tout soit mis en œuvre pour limiter les risques, les cascades comportent toujours un certain danger. C’est pour cela que ne sont généralement pas les acteurs qui les tournent et qu’on les réalise à l’aide de trucages: lorsqu’une scène montre un personnage qui saute par une fenêtre, le réalisateur ne filme pas sa réception sur un matelas épais!

L’acteur et sa doublure
En sa qualité de doublure de l’acteur, c’est le cascadeur qui réalise les cascades. En effet, on ne veut pas risquer de blesser l’acteur, car il doit pouvoir continuer de tourner le film. En général, ce dernier est même lié avec la production par un contrat qui lui impose de ne pas se mettre en danger. C’est pourquoi, on engage un cascadeur pour prendre les risques à sa place.

L’acrobatie ou l’accident

Une cascade peut être une acrobatie physique comme une chute dans un escalier, un saut d’un immeuble de plusieurs étages, une poursuite sur des toits, une fuite sur un train en marche, etc. Dans les westerns, on a souvent filmé des acrobaties à cheval très périlleuses. Par exemple, dans «La Chevauchée fantastique », c’est un cascadeur qui saute sur l’attelage de la diligence, puis tombe sous la voiture avant d’être piétiné par les sabots des chevaux lancés au galop. On tourne aussi des cascades pour réaliser des scènes qui reconstituent des accidents, par exemple quand le film montre une voiture qui roule à toute vitesse avant de faire plein de dérapages et de tonneaux, un crash en hélicoptère avec des explosions, une course en bateau avec des chavirements, etc. Dans Ben-Hur de William Wyler, les courses et les accidents de chars ont nécessité une longue préparation. Tourner une cascade demande aussi une organisation très précise de la mise en scène: chaque détail doit être pensé afin de ne pas révéler les astuces des cascades et de les faire apparaître comme les plus réalistes possibles. De plus, en raison du danger qu’elles impliquent, il n’est souvent pas possible de tourner les cascades plusieurs fois et il faut réussir la prise de vue du premier coup. Par exemple, quand un camion finit sa course au fond d’un ravin, c’est un cascadeur qui le pilote et saute en marche juste avant la chute fatale. Et l’on n’a pas trente-six véhicules à gaspiller pour tourner cette scène! Toutes les cascades exigent donc un matériel important, mais aussi des trucages sophistiqués. Dans le cas de la «torche humaine», par exemple, le cascadeur prend feu tout en se protégeant des brûlures grâce à un habit ininflammable.

Acteur et cascadeur
Certains acteurs font leurs cascades eux-mêmes. C’était déjà le cas aux débuts du cinéma avec les fameux acteurs du burlesque: dans «Monte là-dessus», c’est Harold Lloyd et non un cascadeur qui se trouvait réellement suspendu à l’aiguille d’une horloge tout en haut d’un immeuble. Dans «Cadet d’eau douce», c’est Buster Keaton en personne qui se tenait droit comme un I sous une maison en train de s’effondrer… Ces cascades étaient très spectaculaires et risquées! Mais les acteurs de l’époque du muet avaient l’habitude, car beaucoup d’entre eux avaient appris leur Mmétier au cirque et au music-hall, où l’on faisait déjà des acrobaties impressionnantes. Par la suite, certains acteurs ont continué à réaliser leurs propres cascades. Jean Marais était l’un des spécialistes des duels dans les films de cape et d’épée. Steve McQueen conduisait lui-même ses bolides dans «Bullit». Quant à Bruce Lee, il était l’un des spécialistes du film d’arts martiaux, tandis que Jean-Paul Belmondo était très connu pour être un vrai casse-cou!

Des effets spéciaux en cascade

De nos jours, on réalise de moins en moins de véritables cascades. Grâce aux progrès du numérique, les images de synthèses, les images composites ou la blue box permettent aujourd’hui de réaliser des scènes qui paraissent très dangereuses sans prendre le moindre risque. Dans la scène finale de «Star Wars: la revenche des Sith», par exemple, les acteurs ne se battent pas sur une planète volcanique au-dessus de la lave en fusion, mais en toute sécurité dans une blue box.