Du muet au sonore
Les caméras ont beaucoup changé au cours de l’histoire du cinéma. Les premières caméras étaient des appareils en bois pourvus d’une manivelle que l’opérateur devait tourner avec une vitesse régulière pour que l’image ne scintille pas. C’est pourquoi, il chantait une chanson afin de garder le même rythme. Ce n’était d’ailleurs pas gênant puisque les films étaient muets. Plus tard, on a eu l’idée de combiner la manivelle avec un appareil à ressort. On remontait la caméra comme une pendule et l’on pouvait ainsi la laisser tourner avec une vitesse régulière. Ensuite, le mécanisme fut remplacé par un moteur électrique.
Avec l’arrivée du cinéma sonore, il a fallu améliorer le fonctionnement de la caméra. Comme le moteur du système d’entraînement de la pellicule faisait un boucan énorme, on dut l’insonoriser. Tout d’abord, on mit les caméras dans des immenses caisses. Mais, ce n’était pas pratique, car on ne pouvait pas les déplacer. C’est pourquoi, on inventa le «blimp», un boîtier insonorisant. Aujourd’hui les caméras sont silencieuses, leur moteur ne fait pas de bruit et il n’y a plus besoin de boîtier.

Des caméras films aux caméras vidéo
Depuis l’arrivée des caméras vidéo analogiques dans les années 1980, puis des caméras vidéo numériques dans les années 1990, on différencie les caméras films qui fonctionnent avec de la pellicule et les caméras vidéo qui fonctionnent avec des bandes magnétiques, des disques ou des cartes mémoires.
Les caméras films qui utilisent de la pellicule de format 35mm sont encore utilisées par certains cineastes parce qu’ils trouvent que les images sont de meilleure qualité et parce que les studios sont équipés depuis longtemps de ce matériel. Mais de plus en plus de realisateurs emploient des caméras vidéo, car elles sont plus pratiques. Les documentaires, par exemple, sont aujourd’hui presque tous tournés avec des caméras vidéo numériques. D’autre part, de plus en plus de fictions sont tournées en numérique HD.
Selon ce que l’on tourne, on emploie des caméras d’aspects différents. Les caméras de studios sont lourdes et encombrantes, mais donnent une image d’une très bonne qualité. Les caméras portables et les steadicam sont plus légères. Les caméras de plongée ou d’animation sont équipées de systèmes spéciaux.

Comment ça marche?
Une caméra film se compose essentiellement de deux parties: l’optique, c’est-à-dire les objectifs, et la partie dans laquelle la pellicule est véhiculée et exposée à la lumière. Pour donner l’impression du mouvement, on doit enregistrer 24 images par seconde. Les inventeurs de la caméra ont donc d’abord dû régler le problème du défilement rapide de la pellicule. Pour cela, ils ont pourvu la pellicule de perforations et la caméra de petites griffes permettant de l’entraîner. Lorsqu’elle s’immobilise, un disque échancré (l’obturateur) laisse passer la lumière à travers la fenêtre de prise de vue. Pendant une fraction de seconde, la pellicule s’arrête et est éclairée. Puis, elle continue de tourner et l’obturateur masque à nouveau la lumière. C’est ainsi que chaque photogramme est enregistré. Les caméras vidéo fonctionnent selon le même principe d’exposition à la lumière de ce qui est filmé et de défilement, mais codent les images en signaux électriques et utilisent d’autres supports.