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De façon générale, l’adaptation qualifie l’opération visant à transposer un sujet d’un certain moyen d’expression artistique vers un autre. Au cinéma, une adaptation est donc un film basé sur une œuvre déjà existante sous une autre forme, comme un livre, une pièce de théâtre, une bande-dessinée ou une série de télévision. Pour adapter un roman en film, par exemple, le réalisateur et le scénariste représentent avec des images et des sons une histoire qui a d’abord été racontée avec des mots. Le remake constitue aussi une sorte d’adaptation.

Du livre au film

Une adaptation cinématographique consiste à transformer une œuvre existante, telle qu’un roman en film. Pour adapter une œuvre écrite, les cinéastes transposent d’abord le premier récit sous la forme d’un scénario. Lors de cette étape, ils trouvent des moyens cinématographiques pour raconter l’histoire avec des images et des sons. Certains films, comme «Jules et Jim» ou «La Belle et la Bête», indiquent d’emblée qu’ils sont des adaptations en commençant par montrer les pages d’un livre. Mais généralement, c’est le générique qui spécifie si un film est réalisé «d’après le livre de…», «librement inspiré de» ou «adapté de». Certains spécialistes du cinéma estiment que la quasi totalité des films sont des adaptations. Une même histoire connaît d’ailleurs souvent plusieurs adaptations différentes. «Heidi», par exemple, est un roman écrit en 1879, mais il a ensuite été joué au théâtre, chanté à l’opéra, adapté en dessins animés et au cinéma dans plusieurs films.

Couper, simplifier, s’imaginer

Pour réaliser une adaptation, le réalisateur et le scénariste doivent s’approprier l’histoire que raconte le livre d’origine, c’est-à-dire se la représenter et l’interpréter. En effet, raconter avec des mots ou des images et des sons n’est pas du tout pareil. Une simple phrase écrite peut nécessiter un développement et une mise en scène compliquée. C’est pourquoi, il faut bien souvent couper certaines parties du roman, en simplifier d’autres et, à l’inverse, montrer des choses qui ne sont pas écrites mots à mots mais présentes «entre les lignes». Selon ce qui est raconté, les moyens cinématographiques permettent aussi de montrer en quelques images (par des gestes, des regards et des dialogues) un épisode qui se déroule sur plusieurs pages dans un roman. Il arrive aussi que le livre soit trop court et qu’il doive être rallongé pour constituer un film, comme dans le dessin animé «Les Trois Brigands», dans lequel on a ajouté des épisodes et des parties chantées. Le grand travail d’adaptation du cinéaste consiste donc à imaginer l’histoire à partir des mots pour en réaliser la mise en scène cinématographique. Il lui faut alors trouver des moyens pour montrer et faire ressentir ce qui est écrit avec des décors, des acteurs, des musiques, des costumes, des mouvements de caméra, etc.

Un répertoire d’histoires inépuisable
Dès les débuts du cinéma de fiction, les cinéastes puisent dans la littérature et le théâtre pour trouver des histoires à raconter et à mettre en scène dans des péplums ou des drames, par exemple. On découvre alors à l’écran certains contes de Charles Perrault grâce à George Méliès, puis certains écrits bibliques ou des récits de Hans Christian Andersen dans des films comme «Ben Hur» ou «La Petite Marchande d’allumettes», etc. Depuis toujours, la tendance à faire des adaptations est forte, car les histoires sont presque toujours écrites avant d’être mises en scène en images et en sons. Le recours aux adaptations provient parfois d’une logique commerciale: si un livre se vend bien, tout est mis en oeuvre pour qu’il devienne un film à succès, comme ce fut le cas pour «Harry Potter à l’école des sorciers», «Le Seigneur des anneaux – La Communauté de l’anneau» ou «Twilight».

Les différences avec le livre
Lorsqu’il fait une adaptation, le réalisateur est amené à mettre en scène son point de vue sur l’œuvre dont il s’inspire. Pour cela, il doit faire de nombreux choix et modifier l’histoire de départ. Il est donc toujours possible de relever des différences entre un livre et son adaptation cinématographique. C’est pourquoi, lorsqu’ils ont lu le livre, il arrive que les spectateurs ne retrouvent pas l’univers qu’ils avaient imaginé. Certaines adaptations de livres renommés donnent d’ailleurs lieu à des polémiques à propos de la fidélité du réalisateur à l’œuvre d’origine et sur sa liberté à interpréter l’histoire comme il l’a fait. C’est le cas de l’adaptation de «L’Evangile selon saint Matthieu» de Pier Paolo Pasolini, ou de celle de «Alice aux pays des merveilles» de Tim Burton. Cependant, le réalisateur peut toujours décider s’il veut faire une adaptation fidèle ou non (une adaptation «libre»). Dans les deux cas, si le film est réussi, il donne envie de lire le livre dont il est issu. A l’inverse, un bon livre nous pousse à aller voir son adaptation au cinéma. Par ailleurs, selon de nombreux cinéastes et critiques de cinéma, il semble plus facile de faire un bon film avec un mauvais livre qui autorise plus de libertés.

Les droits d’auteurs
Avant d’adapter une œuvre au cinéma, il faut acheter les droits d’adaptation à l’auteur ou à la société qui les détient. Les attitudes des auteurs sont variées. Certains aiment suivre les adaptations cinématographiques de leurs œuvres, comme Erich Kästner, par exemple. D’autres les adaptent eux-mêmes au cinéma, comme Marcel Pagnol avec «Topaze» ou Marjane Satrapi avec «Persepolis». D’autres encore refusent de vendre leurs droits d’adaptation et de laisser adapter leurs œuvres au cinéma.